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mercredi 26 avril
Pour une Europe désirable


 


Mon engagement pour l’Europe est dénué de tout
fétichisme. Il est fait de la seule conviction que si nous ne la transformons pas, si elle continue d’apporter désillusion et soumission aux pouvoirs économiques, alors nous laisserons les nationaux-populistes l’emporter. Je ne peux me résoudre à faire le pari du moins pire. Je refuse de joindre ma voix aux promoteurs d’une Europe sans citoyens.


Je veux convaincre les Françaises et les Français qu’il
existe un chemin pour réorienter l’Europe.
Ce chemin est étroit mais il existe. Il répond à un constat lucide sur l’état de l’Union, d’une défiance citoyenne et d’une dérive libérale des politiques économiques qui a jeté des millions d’Européens dans le vide de la mondialisation dérégulée et du fiasco de l’austérité.


Je veux lancer un appel à tous les défenseurs sincères du projet européen. Tandis que certains prennent le risque d’achever le travail de dislocation ouvert par le vote du Brexit, je suis du parti de l’espérance. Je m’en donne les moyens en mettant sur la table un ensemble de propositions concrètes qui forment la base des négociations à venir avec nos partenaires européens.


Je proposerai donc à nos partenaires un nouveau traité de démocratisation de la gouvernance économique de la zone euro, qui viendra compléter les traités budgétaires adoptés en 2011–2012.


La zone euro est menacée d’implosion par la poursuite des politiques d’austérité. Avec ce traité, je veux créer les conditions d’un dépassement démocratique de l’austérité. Les grandes décisions doivent être prises en transparence et soumises à un contrôle démocratique plein et entier.


Ce nouveau traité mettra en place une Assemblée parlementaire qui remplacera l’Eurogroupe. La transparence remplacera l’opacité. La pluralité des opinions et le compromis remplaceront le diktat politique. Elle sera principalement composée de députés issus de tous les Parlements nationaux en proportion de la population de chaque pays et des groupes politiques présents dans ces Parlements.


Je veux faire adopter le traité de démocratisation de la zone euro dans l’année qui vient.


Mais l’urgence sociale ne peut attendre. Et pour répondre
à ceux qui craignent que la négociation de ce nouveau traité prenne du temps, je propose une feuille de route de sortie de crise avec un plan d’investissement pour la transition écologique et une inversion des règles économiques en vigueur, par exemple en soustrayant les dépenses de défense et certaines dépense d’investissement du calcul des 3% de déficit.


L’Europe désirable est aussi une Europe solidaire, qui protège. Cela devra passer par un renforcement du budget de l’Union et de l’harmonisation sociale. Nous devrons également prendre notre responsabilité en matière de migration et de droit d’asile. Je veux repenser nos politiques commerciales pour sortir du libre échange qui privilégie les multinationales sur la protection des citoyens comme des lanceurs d’alerte, des travailleurs et de l’environnement.


Pour tout cela, je veux construire les conditions d’un compromis européen. Depuis des mois, je travaille à construire les bases d’une nouvelle alliance politique. J’ai rencontré il y a quelques jours le premier ministre portugais Antonio Costa, qui m’a fait l’honneur de son soutien. Je rencontrerai prochainement Martin Schulz, le candidat social-démocrate à la chancellerie allemande. Je souhaite sa victoire en octobre prochain et je note la nouvelle disponibilité de la gauche allemande pour cette aventure de
refondation européenne. J’ai également échangé avec les leaders écologistes et de gauche au Parlement européen ou encore avec Yanis Varoufakis qui, témoin pourtant privilégié du diktat imposé, n’a pas renoncé à porter le projet européen. Enfin, je souhaite renforcer notre relation avec les pays de l’Est de l’Union.


C’est ainsi que nous pourrons élargir le champ de la discussion à un sujet d’intérêt commun : l’Europe de la Défense qui, avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, est passée en quelques mois du statut d’option à celui d’obligation.


Voici donc la stratégie que je propose et en laquelle je crois. Cette stratégie sera capable, sur la base de projets précis, de déclencher la construction d’un nouveau grand compromis européen.


Benoit Hamon


 


 


 




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