" Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres " Tocqueville.
Ce renouvellement cantonal devait permettre de renforcer la majorité de gauche du département, ce ne fut pas le cas. Aujourd’hui comme hier, celle-ci ne tient qu’à un siège d’avance : 28 contre 26. Nous avons perdu 3 cantons : Quimper 1, Plouigneau, Pont Aven. Parallèlement nous avons gagné Quimper 3, Le Faou et Landivisiau. La majorité départementale n’a donc pas réalisé un score à la hauteur de ses espérances.
Au plan municipal aussi , le scrutin traduit une stabilité du corps électoral. Le rapport des forces n’a guère évolué dans les 283 communes du Finistère dont l’écrasante majorité appartient à la catégorie des moins de 3500 habitants. Globalement la gauche assure une maîtrise des villes comme Brest, Concarneau, Morlaix, Landerneau, Ergué-Gabéric, St Martin-des-Champs, ou Trégunc,… et la droite consolide ses appuis dans les zones plus rurales.
En 1995 sur les 26 communes de plus de 3 500 habitants qui avaient changé, 17 étaient passées de la droite à la gauche. En 2001, seulement 12 communes (parmi 49 communes de 3 500 habitants) ont basculé : 5 passant de la droite à la gauche (Douarnenez, Quimperlé, Gouesnou, Briec, Carhaix), la gauche perdant Quimper, Plougastel-Daoulas, Plouzané, Pont l’Abbé, Moélan-sur-Mer, Riec-sur-Belon, Locmaria-Plouzané.
Au-delà de la tentative de compréhension du jugement des électeurs, le principal enseignement de ces deux scrutins est stratégique. Sous l’impulsion de L. Jospin un concept nouveau apparut en 1997 : la gauche plurielle. Cette union, que la droite se plut alors à considérer comme de circonstance, s’est avéré à l’usage comme la forme la plus moderne d’une gauche soucieuse d’honorer son message social et attentive aux mutations du monde. Cela n’avait rien d’évident. L’alliance de la réforme socialiste, de la contestation écologique, du républicanisme traditionnel et de la critique communiste poursuivait un autre objectif : favoriser une évolution de chacune des composantes de la coalition. Et l’on vit ainsi l’écologie devenir politique, la critique communiste se faire réformatrice, la mouvance " souverainiste " s’ouvrir à l’Europe pendant que le PS reconnaissait la pertinence d’une régulation démocratique du marché dont il avait pu, dans le passé, un peu trop facilement s’accommoder.
En sus, cette alliance s’est révélée une stratégie électorale victorieuse . Les résultats de mars 2001 soulèvent un doute sur son efficacité future. Par tradition, le PS est habitué à discuter avec des partenaires responsables permettant de mener au tour décisif une stratégie sans complexe de rassemblement. A l’évidence, pour demain il nous faut intégrer que nos interlocuteurs, notamment les Verts, ne s’inscrivent pas spontanément dans une telle perspective et ne possèdent pas encore une culture du compromis majoritaire.
Pour autant, nous aurons à rappeler à ces partenaires que si le pluralisme est un phénomène essentiel et incontournable de la vie politique finistérienne, il demeure une réalité hiérarchisée. Le suffrage universel est le seul maître que nous nous reconnaissons.