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Monsieur le Président, madame la vice présidente, mesdames messieurs, chers collègues.
Pour introduire mon propos, j’ai choisi de reprendre l’article 5 de la déclaration de l’UNESCO.
Vous me direz que ce n’est pas très original et qu’il y avait dans ce document si riche bien d’autres portes d’entrée ouvrant à réflexion sur la culture en Bretagne.
Je la garde pourtant tant la portée de ce texte universel et compréhensible de tous, est forte: « Toute personne doit pouvoir participer à la vie culturelle de son choix et exercer ses propres pratiques culturelles dans les limites qu’impose le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».
N’y a t il pas là un bon sillon pour la mixité sociale, ethnique et géographique qui nous fait tant défaut en ces temps agités et troublés ?
Notre société montre aujourd’hui des signes inquiétants de fractures et donc de révolte tant sont grandes les différences dans l’accès aux droits pourtant reconnus par notre Constitution : l’emploi vrai et pérenne, le logement décent acceptable et non discriminatoire, le savoir que doit la République à tous les enfants qu’elle accueille , l’ouverture sur le monde, qui fait tant défaut aux révoltés. L eur seul horizon estla rue. Leurs rares outils d’expression artistique sont l’art des murs, la musique des soussols modes d’expression trop souvent réprimés, les confinant à une certaine clandestinité ne favorisant pas notre compréhension de leur mal être.
L’égalité est une de nos valeurs fondamentales. En ces temps troublés il est bon de re-préciser le sens de ce mot en redéfinissant cette notion d’ égalité qui couvre de vastes domaines.
Je me contenterai de rappeler les champs de l’égalité deschances, fondement de notre République : chances de savoir par l’égal accès à l’école, chances de faire par l’égal accès au pouvoir de créer et de s’exprimer, chance de prouver par la possibilité de montrer et valoriser les productions, en un mot chance d’affirmer sa personnalité. Unique mais utile à tous
Pour parvenir à cette expression individuelle facteur d’épanouissement indispensable, l’outil culturel est un formidable vecteur d’intégration pour peu qu’on le rende accessible au plus grand nombre.
Le document qui nous est proposé est en cela d’une grande richesse.
Pour ma part je l’ai abordé d’abord comme un projet porteur de lien social et participant donc à la consolidation du socle de notre démocratie bien malade.
La culture ne peut devenir un simple produit marchand dans une société marquée par la recherche du seul profit. Elle porte en elle des richesses qui ne se monnaient pas mais aux bénéfices humains oh combien inestimables.
La démocratie culturelle ne peut se fondre dans l’uniformisation. L’offre des médias grand public est bien médiocre. Dans tous les domaines les standards sont imposés aux heures de grande écoute et rares sont les portes libres pour la création non commerciale.
Pour un artiste révélé, pour une œuvre portée sur le petit écran, combien de richesses oubliées, combien de galères de créateurs ?
Il faut volonté pour croire encore aux vertus de la culture pour tous et courage pour les faire partager. Le projet qui nous est proposé concilie ces deux ambitions et, à sa juste place, entend faire de l’accès de tous à la culture une valeur fondamentale de notre démocratie.
Vouloir lier ces deux notions ( culture et démocratie) c’est s’imposer des exigences collectives, j’en retiendrai 4:
- le respect des autres, de leurs approches, de leurs traditions, de leur passé, bref de leur liberté et donc de la nôtre.
- Le développement de l’esprit critique qui encourage le jugement, la comparaison…en sachant bien que nul ne détient la définition du beau.
- La libre de transmission et la libre circulation des créateurs et de leurs œuvres doit être garantie . L’ oublier c’est souvent se couper de son passé et donc méconnaître le présent.
- L’indispensable élargissement des divers volets de la culture au delà de l’artistique, en valorisant par exemple l’aspect scientifique et technique. Il ne doit pas y a pas ici non plus de pensée unique.
Mettre en pratique ces ambitions sur notre territoire impose des choix et des lignes fortes.
· Associer tous les acteurs de terrain : acteurs éducatifs par l’incitation et l’aide aux projets d’établissements…, acteurs associatifs par l’encouragement et le soutien aux artistes, acteurs territoriaux par des réponses adaptées et des aides aux projets des mairies, des EPCI, des Pays. C’est ainsi que la Région affirmera son ambition d’un projet partagé.
· Favoriser les déplacements des acteurs et des œuvres, encourager les rapprochements par des politiques attractives, contractualiser avec les porteurs de projets dès lors que l’objectif d’ouverture au plus grand nombre sera clairement établi.
Pour ouvrir cet espace du possible indispensable à l’équilibre de notre démocratie nous devons apporter espoir à ceux qui créent et désir à ceux qui veulent découvrir.
Par ses ambitions affichées et assumées, le projet proposé répondra pleinement à l’article 5 de la déclaration de l’UNESCO en offrant des perspectives à tous.
C’est en cela qu’il définira la culture partagée comme un facteur de liberté individuelle
C’est pour cela que le groupe socialiste soutiendra sans réserve la méthode proposée pour que ce projet devienne demain un vrai outil d’expression et de création partagé. |