Fédération du Finistère du Parti Socialiste
Fédération du Finistère du Parti Socialiste
Fédération du Finistère du Parti Socialiste
Fédération du Finistère du Parti Socialiste
ps29 vendredi 25 juillet 2008 ps29
ps29
Bienvenue sur le site de la fédération du Finistère du Parti socialiste
ps29
ps29
Accueil
Les socialistes dans le Finistère
Les socialistes en Bretagne
Les socialistes en France
Les socialistes en Europe
Diaporama
Liens
Archives
Liebe Freundinnen und Freunde aus Deutschland!
Les vidéos de la fédération
Congrès de Reims
ps29
ps29
Vous êtes dans : Les socialistes dans le Finistère Au Conseil général imprimer

Colonisation : Reconnaissance ou repentance ? par Kofi Yamgnane

Kofi Yamgnane

Précédés par les Députés UMP, certains tordent l’histoire pour régler des comptes, magnifier leur famille et leurs ancêtres, satisfaire une clientèle, marginaliser et exclure les autres.


La colonisation n’a été ni un ballet rose, ni une promenade de santé ! Quand les dirigeants d’un pays décident de soumettre, de dominer et d’exploiter tout un peuple, cela ne peut pas se faire sans violences ni sans violations des droits humains les plus élémentaires. Il n’y a là aucune place pour un rôle positif !

Pour moi l’objectif principal des Français n’était pas d’éduquer les Togolais, malgré la mission civilisatrice mise en avant par Jules Ferry puis par tous les gouvernements de la troisième république, relayés par les manuels scolaires et la plupart des intellectuels d’avant 1939.Tout ce qui a été fait et que revendiquent les colonialistes d’hier et d’aujourd’hui, l’a été pour le seul bénéfice du colonisateur; il en va ainsi des pistes, des ports, des hôpitaux et même des écoles, afin que l’indigène reste en permanence au service de son « patron ».

La colonisation n’est que le prolongement de l’esclavage : c’est l’esclavage transporté sur place ! Louis XIV a montré la voie en 1685 avec le Code Noir qui assimilait les esclaves à des biens meubles sur qui les maîtres avaient tous pouvoirs.

Dans le prolongement de ce Code Noir, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’en 1946, le Code de l’Indigénat a justifié les travaux forcés, les humiliations, les amendes et les peines de prison pour propos dits offensants, instituant l’inégalité avec les colons, même en Algérie et contredisant la soi-disant assimilation.

Moi-même produit-standard de cette colonisation, allemande pour mes ancêtres, française pour mon compte personnel, je puis témoigner que l’éducation reçue des pères blancs du collège Saint-Joseph de Lomé m’a ouvert les portes de l’ascension sociale, mais aussi m’a coupé d’une part non négligeable de ma culture.

Je pense souvent cependant à mes nombreux amis d’enfance laissés pour compte au village, à l’écart d’une école qui ne recevait qu’une petite minorité.

Comme les autres colonisateurs, les Français ont recherché avant tout l’exploitation et la domination, sources de profits pour eux et de souffrances pour les colonisés.

Des Noirs ont été exposés dans de véritables zoos humains, à partir de la fin du 19ème, soit au jardin zoologique d’acclimatation, soit dans les expositions universelles ou coloniales.

Dans le cadre d’une conquête militaire souvent violente, la colonne infernale, Voulet-Chanoine, a massacré plusieurs milliers d’Africains du Niger au Tchad en 1899. Plus près de nous, on peut rappeler la répression des manifestations de Sétif le 8 mai 1945 et l’anéantissement de la révolte malgache en 47-48. Après 1945, la France classée dans le camp des vainqueurs mais humiliée par sa défaite de 1940, s’accroche à cet empire qu’elle ne lâchera qu’au prix des guerres d’Indochine et d’Algérie.

A l’inverse la participation des peuples d’Afrique et d’Asie dans l’effort de guerre français en 14-18 et en 39-45 méritait une plus juste reconnaissance. Plus de la moitié des forces qui ont débarqué en Provence en août 1944 étaient africaines. De même ces immigrants qu’on renvoie aujourd’hui par charters ont fait eux aussi la croissance de la France.

Nous ne devons pas être prisonniers de l’histoire. Ce qui importe aujourd’hui c’est le présent et l’avenir de la France et des Français.

Il nous faut assumer cependant tout notre passé pour pouvoir le dépasser. Sans se couvrir la tête de cendres nous devons considérer les points positifs et négatifs, les ombres et les lumières, sans rien occulter. Mais ça, c’est l’affaire des historiens, pas celle des députés !

Plutôt que de multiplier les commémorations ou de faire de la surenchère dans la victimisation, je pense qu’il faut savoir tirer toutes les leçons de cette histoire afin d’apprendre à mieux se connaître et à mieux se respecter plutôt que de s’opposer ou se rejeter.

Je répète : contrairement à ce que B. Poignant insinue, personne ne demande à la France de se lever tous les matins en se battant la coulpe ! Il faut seulement qu’elle reconnaisse et assume son histoire, en l’inscrivant dans ses manuels scolaires et en l’enseignant aux générations présentes et à venir ! Quelle est la légitimité de la présence de tous ces métèques sur son territoire national ? C’est à elle de l’expliquer afin que les Arabes et les Noirs, les Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens, tous les ressortissants de « l’Empire français » qui se sont battus ici pour sortir la « mère-patrie » des griffes de l’Allemagne, marchent tête haute dans ce pays.

C’est la connaissance de cette histoire qui facilitera le « vivre-ensemble » de tous ceux dont le sort et le sang ont été historiquement mêlés !

Le repli sur les communautés s’explique par la recherche d’un refuge et d’un soutien face aux discriminations et face à l’exclusion. Trouver quelqu’un à qui parler, trouver un peu de chaleur humaine, c’est parfois utile pour ne pas sombrer. Avant 1939 les Italiens et les Polonais avaient eux aussi créé de puissantes communautés dans les régions minières du Nord et du Nord-Est.

Les médiateurs qui interviennent dans les cités comme à Rezé en Loire-Atlantique sont le plus souvent bien accueillis. Les associations jouent un rôle irremplaçable pour raccommoder le tissu social. Construire ensemble le récit du passé évitera les malentendus et les images d’Epinal.

Aujourd’hui nous devons tous accepter l’existence d’une société multiculturelle et métissée. Les colonies ont débarqué dans la métropole. Nous ne sortirons de notre malaise que lorsque les enfants d’immigrés, nés en France, ne se diront plus seulement Algériens, Tunisiens ou Maliens, mais Français.

Le sentiment d’appartenance se construit tous les jours par l’acceptation des différences et l’égalité des droits.

Il y a partout en France, et pas seulement dans le 16ème arrondissement de Paris ou à Neuilly, des richesses humaines qui méritent d’être encouragées dans l’embauche et dans les promotions des compétences et des talents précieux en cette période de stagnation.

On ne peut plus brandir la devise de la République, se draper dans la Déclaration des Droits de l’Homme, et accepter la ségrégation dans le logement, l’interdiction des boites de nuit et le chômage au faciès. Faire appliquer les lois est une tâche prioritaire avant d’en faire de nouvelles.

Etre français aujourd’hui c’est connaître son histoire, c’est connaître ses droits mais aussi ses devoirs, c’est accepter de vivre ensemble et d’être un citoyen actif.

Kofi Yamgnane

Président de la Fondation pour l’Intégration Républicaine


Envoyer cette page par email
Retour  
ps29 Infos légales Plan du site ps29 Based on ez Publish®™ by ez Systems© ps29 Politic © INOVAGORA ps29 ps29