|
Jugez plutôt : le budget affiche une baisse de 1,8%. Autre signe qui ne trompe pas : bien que figurant dans l'intitulé du Ministère, le mot « pêche » a disparu, ou presque, de la synthèse de quatorze pages remise par le Ministre. La pêche est réduite à la portion congrue ! Une simple ligne daignant préciser le montant budgétaire que souhaite y consacrer l’Etat, soit soixante millions d'euros. Une seule ligne… !
Ce qui suivit ne fut pas de nature à rassurer sur les intentions du Gouvernement. Le Ministre a tenu à compléter son propos à grand renfort d'annonces : des mesures importantes interviendraient d'ici quelques jours concernant notamment l'organisation institutionnelle de la filière et une mission sur l'aquaculture serait confiée à … Hélène Tanguy. Drôle de repêchage non ? Drôle et incompréhensible.
Au final, quelle frustration ! Ces auditions en commissions sont d'habitude l'occasion pour les députés de poser des questions au Ministre et d'obtenir des réponses. Malheureusement, Monsieur Barnier avait d'autres obligations et n'avait qu'une heure et demie à nous consacrer. J'avais pourtant prévu de l’interroger sur la crise porcine et la situation délicate des entreprises de la pêche. Mais il fut décidé de ramener le temps de parole à une minute par député (quel espace d’expression !), le Ministre Barnier s'engageant à répondre ultérieurement par écrit. J'ai consacré la minute qui m’était accordée à rappeler au Ministre mes questions posées par écrit le 24 juillet dernier et pour lesquelles aucune réponse ne m'est parvenue à ce jour. Pourtant, ces questions font écho à de réels problèmes et méritent des réponses rapides et précises : le renouvellement de la flottille et la sécurité en mer, le fonds européen pour la pêche, la restructuration de la filière, l'abattement fiscal supprimé en Finistère ou encore la vente des bateaux à l'étranger…
Annick Le Loch
Députée du Finistère |