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L’annonce par le Président de la République, lors de sa visite officielle en Grande-Bretagne, de sa décision d’envoyer un millier de soldats français supplémentaires en Afghanistan est aussi choquante sur la forme qu’injustifiée sur le fond, au regard de la situation dramatique de ce pays.
Malgré l’échec avéré de la stratégie du Président Bush face aux talibans, au vu de l’enlisement de l’armée américaine au bout de 7 ans de présence, le Président Sarkozy s’apprête à engager la France dans ce qui risque de devenir une nouvelle impasse dans la lutte anti-terroriste. Cette décision prépare t-elle une réintégration à marche forcée de la France au commandement intégré de l’OTAN ?
En outre, la gravité d’une telle décision ne peut justifier le refus d’un vote du Parlement, alors que les socialistes ont demandé en vain, depuis plusieurs mois, la création d’une mission d’information parlementaire sur les opérations d’Afghanistan et l’audition des ministres de la Défense et des Affaires étrangères. En choisissant d’ignorer ces demandes, M. Sarkozy commet une grave entorse à la démocratie et contredit ses annonces prétendant aller dans le sens d’une revalorisation du rôle du Parlement, ceci particulièrement en matière d’engagement de nos troupes dans des conflits extérieurs.
L’inefficacité de l’option militaire telle qu’envisagée jusqu’alors aurait dû logiquement conduire à renforcer l’aide humanitaire aux populations afghanes, notamment en matière de santé, d’éducation, d’agriculture ou de déminage des sols. Il est en effet primordial d’améliorer la perception de notre action par les civils afghans et de susciter ainsi leur adhésion à une lutte efficace contre le danger représenté par les talibans.
Nous, députés socialistes signataires de ce communiqué, déplorons, outre une décision injustifiée et grave de conséquences, une méthode contribuant à réaffirmer un fonctionnement autocratique et monarchique de nos institutions. |