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A l'invitation de Bernard Poignant, il a, devant plus de 600 personnes dont de très nombreux élus nationaux, départementaux, régionaux et municipaux , présenté en près de 40 minutes sa vision de l'Europe et défendu le projet des socialistes dans cette élection.
Soulignant en préambule combien la présence de l'ancien candidat à l'élection présidentielle " était une chance et un honneur ", l'ancien maire de Quimper a formé le vœu que " ces élections de 2004 effacent définitivement celles de 2002. "
Puis Lionel Jospin, après avoir affirmé avoir en toute simplicité répondu à une invitation de Bernard Poignant " un ami personnel, un compagnon politique ", a défini avec précision et autorité ce que devait être l'Union européenne pour les socialistes.
Tout d'abord, l'Europe, ce doit être la paix. La guerre n'est jamais très loin. Celle, injuste et unilatérale que mène l'administration Bush et qui débouche sur un terrible échec en Irak le prouve. Aujourd'hui, notre continent connaît la paix mais elle est fragile. Le récent conflit des Balkans l'a démontré, rappelant selon le mot de François Mitterrand lors de son dernier discours devant le parlement européen en mai 1995 combien le " nationalisme c'était la guerre ". Quelques petites décennies après les deux guerres mondiales qui furent d'abord des guerres civiles européennes, cet acquis doit être conservé. Il est nécessaire de rappeler régulièrement aux eurosceptiques.
L'Europe doit aussi être synonyme de croissance. Dans le monde aujourd'hui, cette croissance est partout : aux États-Unis, en Asie. Il n'y a que chez nous qu'elle n'est pas là et c'est bien le problème. Compte tenu des qualités de ses salariés ou de ses chercheurs, il n'y a pas de fatalité à ce que notre continent connaisse une croissance faible. Mais pour l'amplifier, s'impose la nécessité d'un gouvernement économique européen, qui défende de grands objectifs industriels, à l'image d'Airbus.
L'Europe a longtemps rimé avec justice sociale. Née des luttes sociales, inscrite dans la loi, elle constitue l'originalité de l'Europe. Or, le patronat et une partie de la droite veulent remettre ce modèle en cause. " Ceux qui au début du 20ème siècle considéraient qu'il était trop tôt pour accorder des droits sociaux aux salariés considèrent aujourd'hui qu'il est trop tard pour le faire face à la concurrence mondiale " a ironisé Lionel Jospin.
A travers la planète, l'Europe est vue comme une région où règne une certaine forme de civilisation. Il s'agit bien sur de la démocratie mais aussi d'une forme de " laïcité tolérante ". Et l'ancien premier ministre s'est demandé pourquoi certains cherchent aujourd'hui à introduire une notion religieuse dans le texte de la future constitution alors que chaque pays avait sa façon de vivre sa tolérance religieuse.
Enfin, l'Europe est, et doit encore plus être ouverte sur le monde. " Nous, les nations européennes avons connu la puissance " a rappelé Lionel Jospin citant l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, la France ou l'Allemagne. Mais aujourd'hui, l'Europe peut redevenir une puissance, servir d'exemple aux autres peuples, en particulier en Amérique latine sans être dominatrice.
C'est pour construire cette Europe que le 13 juin, les électeurs doivent voter pour les listes socialistes.
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