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Les socialistes réhabilitent l’Etat
Après la gauche en 2002 et l’Europe en 2003, les socialistes du Finistère se sont penchés sur la question du rôle et de la place de l’Etat le 25 septembre au centre des congrès de Mescoat à Landerneau.
Invité en tant que secrétaire national chargé des élus et des territoires, Laurent Fabius a, devant les 200 militants présents, développé ses idées sur le sujet. Il a également évoqué la question du référendum interne au PS à propos du traité constitutionnel. Nous y reviendrons dans les semaines qui viennent, lorsque le Conseil National aura définit les termes du débat.
« Le choix de ce sujet s’est imposé au secrétariat fédéral » a expliqué Jean-Jacques Urvoas. « Depuis 2 ans la vague libérale attaque l’Etat dans son essence même en particulier dans les services publics. » D’ailleurs le premier secrétaire fédéral a regretté l’absence du directeur départemental de la Poste, qui devait être présent pour expliquer le projet de restructuration de son entreprise et qui s’est excusé au dernier moment, son administration estimant sa présence inopportune car le PS venant sur le plan national de condamner les projets de l’entreprise.
Fort heureusement, les autres intervenants de la matinée, Claudy Lebreton, Président de la FNESR sur la décentralisation et les journalistes Eric Dupin et Phillippe Frémeaux sur le communautarisme et la mondialisation ont tenu parole.
En mars dernier, les Français ont donné de grandes responsabilités aux socialistes dans les régions et départements. Mais, la fausse décentralisation Raffarin conduit plutôt l’Etat à se défausser sur les collectivités. « Dans ce contexte, comment organiser les complémentarités, notamment, entre la région et les départements ?»
Enfin, et peut-être surtout, le choix de ce sujet s’est imposé car dans les demandes des Finistériens, on retrouve essentiellement une demande d’intervention de l’Etat qu’il s’agisse de l’application des 35 h chez Doux, du refus des licenciements chez EADS à Douarnenez, surtout lorsque cette entreprise a recours au travail de nuit et aux intérimaires, de la baisse du pouvoir d’achat, du logement ou de la défense des services publics comme la poste ou l’Education Nationale.
« Et le choix de Laurent Fabius s’imposait aussi » a expliqué le premier secrétaire fédéral. « En raison de ses responsabilités au secrétariat national mais aussi parce qu’il a consacré une part de sa réflexion politique à cette question. »
Pour l’ancien Premier Ministre, « L’Etat est au centre de l’identité socialiste » et sur cet enjeu le clivage droite gauche est éclatant. En effet, on constate que l’Etat souffre depuis que Raffarin est à Matignon : il est relégué, affaibli et verrouillé. C’est d’ailleurs logique car pour l’UMP c’est le marché qui prime. Seule la liberté est mise en avant alors que pour la gauche, elle doit toujours aller de pair avec l’égalité.
Afin qu’il soit vraiment affaibli, l’Etat est systématiquement vider de son sens. Cela passe par des privatisations ou alors par le démantèlement version Raffarin. Les adhérents qui participaient à l’atelier animé par Claudy Lebreton ont eu l’occasion d’approfondir cette question en particulier à propos de la fiscalité locale.
Pour Laurent Fabius, l’affaiblissement de l’Etat passe aussi par une monté des communautarismes. C’était l’enjeu du débat animé par Eric Dupin. Sur la discrimination positive, défendue par Nicolas Sarkozy, la gauche devra prendre position a prévenu le journaliste.
La droite veut un état minimum. Mais elle sait toujours placer ses affidés aux postes clefs. C’est particulièrement flagrant avec le gouvernement actuel, surtout dans le secteur de l’information.
« Je distingue une rupture entre deux France » a expliqué le député de Seine Maritime. « Entre celle qui voit l’avenir avec optimisme et celle pour qui l’horizon est bouché ». Et pour combler ce fossé.
« Nous devons réaffirmer le rôle de l’Etat afin de remettre en route les 4 moteurs de l’ascenseur social qui sont aujourd’hui grippés » a-t-il expliqué. Il s’agit de l’emploi, de l’école de la protection sociale et du logement.
La demande d’Etat, de la part des citoyens, reste toujours forte malgré la propagande libérale, mais elle évolue. Pour l’ancien Président de l’Assemblée agir ne peut plus se réduire à légiférer, « la gauche doit être audacieuse et opérer une réforme du service public qui permette de bâtir un Etat capable de préserver l’égalité tout en introduisant de la différenciation. Un Etat plus transparent, mieux contrôlé. »
Laurent Fabius a résumé cette réforme d’une formule emprunté à Léon Blum : « un Etat à l’échelle humaine. »
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