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La vérité est tout autre : la SNCF n'engage pas un centime d'euros dans cette opération. Les 55 millions d'euros se répartissent en 46 millions d'euros financés par Réseau Ferré de France, la Région et l'Etat + 9 millions qui permettent l'accélération du chantier et son démarrage imminent qui sont financés à 93 % par la Région Bretagne... Les 7 % manquant demeurant à la charge de RFF et de l'Etat ! Et pour aller au bout de l'explication, il faut savoir que la Région a été contrainte une nouvelle fois de faire l'avance pour ces 7 derniers %, les partenaires n'ayant plus de crédits pour financer l'opération !
La SNCF ne fera qu'assurer la maîtrise d'œuvre des travaux ... C'est un peu comme si le maçon qui construit votre maison prétendait que c'est lui qui paye les travaux !
Nous savions déjà que l'Etat se délestait de ses charges sur les Régions et les autres collectivités locales, nous découvrons maintenant qu’une entreprise publique est capable de revendiquer ce qu'elle ne peut plus financer elle-même.
Cette démarche est d’autant plus surprenante que la même SNCF, sommée par le gouvernement d’équilibrer ses comptes, envisage de supprimer dès le 15 décembre 2004, la liaison Quimper-Nantes-Bordeaux en raison d’un déficit qu’elle fixe à 15 millions d’euros, portant de ce fait atteinte au service public.
Naturellement, la Région Bretagne, en sa qualité d’autorité organisatrice des transports régionaux n’accepte pas de tels projets. Nous considérons que ce désengagement de l’Etat, via la SNCF aboutit au fond à demander au contribuable régional de produire encore un « effort supplémentaire » pour se substituer à une mission à caractère national relevant de la compétence de l’Etat.
Cette conférence de presse intempestive semble donc pour le moins inappropriée. Décidément avec la SNCF, tout est possible... sauf dire la vérité !
Jean-Jacques Urvoas
Conseiller régional de Bretagne
Premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste |