|
A propos de la crise légumière :
« Quelle que soit la gravité de la crise, je redis la condamnation des méthodes violentes et le caractère inacceptable des agressions contre les personnes et la dégradation ou la destruction de biens publics ou privés.
Avec de telles modalités d’action, le monde agricole se prive du soutien d’une grande partie de l’opinion, alors qu’au contraire, la mobilisation collective dans ces périodes est essentielle, bien au-delà de la filière, tant la crise des producteurs de la zone légumière affecte gravement toute l’économie de notre région.
Le cycle « crise / revendication / manifestation / casse / subvention » est devenu intolérable pour l’opinion et inadapté à la résolution de la crise.
Car cette crise appelle, d’une part, des mesures ponctuelles immédiates pour aider les producteurs à surmonter la difficulté d’une campagne 2004 catastrophique (même si les cours reviennent maintenant à un meilleur niveau) ; d’autre part, impose une réflexion sur le moyen et le long terme pour redonner espoir et visibilité à toute une filière professionnelle.
Dans l’immédiat, le Ministre de l’Agriculture a promis de débloquer des financements : je souhaite qu’il le fasse rapidement, en examinant la situation de chaque exploitant et non pas au regard du seul volume de production.
Pour le long terme, il me paraît indispensable qu’au niveau régional, (le Finistère n’est pas le seul département concerné), les services de l’Etat et de la Région mènent une vraie analyse de la filière : quelles surfaces, quelles productions, pour quels marchés ?
Ceci afin d’imaginer des pistes de diversification, de disposer d’arguments utiles dans les négociations avec les autres pays producteurs (en Europe ou hors-Europe), et d’organiser les outils industriels adaptés de gestion des surproductions dans les domaines de la conservation et de la surgélation.
La concurrence est vive au sein de l’Europe. L’arrivée des nouveaux pays, sans mesure transitive et sans précaution, est certainement un élément de la crise actuelle.
Mais il n’est pas le seul.
Prenons garde de condamner l’Europe, car nous avons besoin de cet espace pour vendre nos productions : le marché français est largement insuffisant aux producteurs bretons.
Et l’Europe est aussi notre espace de négociation et d’organisation, d’harmonisation à terme des coûts de production.
C’est aussi une Europe forte et unie qui seule aura la capacité de tenir sa place dans les négociations internationales.
Il faut trouver une issue positive à cette crise, qui redonne courage et espoir à des producteurs particulièrement compétents, bien que très abattus par la situation qu’ils connaissent actuellement.
Il faut donner les arguments, à partir d’études solides sur cette filière, pour mener des négociations fructueuses au sein de l’Union européenne.
C’est vers la Région et l’Etat que je me tourne, mais le Conseil général du Finistère, je le redis, est disposé à accompagner ces réflexions et à faciliter la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires.
La filière professionnelle doit bien entendu avoir une place essentielle dans les propositions, mais elle ne peut rester bloquée sur une forme d’organisation et de production manifestement inadaptée, ainsi que sur des méthodes d’action unanimement condamnées. » |