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100 ans, pour contribuer à la vie de la France et pour participer à la transformation du Finistère.
Encore que 100 ans, c’est à la fois juste et pas tout à fait exact.
Ø C’est juste car on compte des socialistes finistériens depuis 1870. La section brestoise de l’Internationale se créa alors que le second Empire agonisait. Elle comptera en 1874, 170 adhérents tous ouvriers de l’Arsenal. Son premier grand responsable sera Constant Le Doaré commis aux écritures à l’hôpital maritime. Il organisait des réunions publiques qui se terminaient toute par le même cri rebelle « A bas le préfet maritime ! ». Et le premier élu Jacques Gouzien l’est aux municipales du 11 mai 1884 à Lambézellec. C’est un dessinateur de l’Arsenal.
Mais pas tout à fait exact car la SFIO n’a été créé qu’en novembre 1907. Deux ans après le Congrès du Globe. Il existait auparavant une fédération socialiste de Bretagne fondée en 1900 par l’avocat morlaisien Yves Lefèbvre. Elle était membre du Parti Socialiste Français qui comptait aussi Jaurès dans ses rangs. Elle rassemblait 18 groupes et 70 organisations coopératives et syndicales. La nouvelle fédération SFIO affiche alors 250 membres répartis dans des sections à Kerhuon, Landerneau, St Marc, Carhaix, Brest, Morlaix, Quimper, Douarnenez.
Près d’un siècle de combats au service de deux idées :
Ø Une quête d’égalité
Ø La recherche de l’émancipation.
Et à chaque fois, de 1900 à 2005, les socialistes ont trouvé des visages et des voix pour exprimer leur message. Nos Jaurès, nos Guesde, nos Mollet, nos Mendès France, nos Mitterrand s’appellent :
Ø Victor Aubert, ouvrier horloger, premier maire socialiste de Brest en 1904,
Ø Hyppolite Masson, commis des postes, qui le sera en 1912,
Ø Emile Goude autre brestois, autre commis des postes, et premier député socialiste de Bretagne élu la même année 1910,
Ø François Tanguy Prigent, premier ministre socialiste finistérien chargé dans le gouvernement du Général de Gaulle de 1944 de l’Agriculture, député dès 1936 à 27 ans (plus jeune de France),
Ø Jean-Louis Rolland, premier sénateur au Conseil de la République en 1955, député et maire de Landerneau à trois reprises totalisant 25 ans de mandat,
Ø Hervé Mao, maire de Châteaulin élu en avril 1945 et qui restera maire 26 ans,
Ø Marie Jacq, première femme parlementaire élu en 1978, devient la première vice-présidente de l’Assemblée.
Chaque génération a été marqué par une double tension :
Ø L’aspiration à l’unité,
Ø La tentation de la diversité
La diversité est dans la culture même du socialisme mais lorsqu’elle est mal maîtrisée, elle a toujours produit l’échec. Et parfois, pire elle a conduit à des séparations qui ont été sans lendemain pour ceux qui se sont éloignés.
Ø La scission du Congrès de Tours ou de Brest pour nous, le 5 décembre 1920. Le secrétaire fédéral Le Treis quitte le parti avec la moitié des 1 500 adhérents, sans toutefois emporter notre hebdomadaire « Le cri du peuple » à la différence de « l’Humanité ».
Ø La scission d’Emile Goude en 1926. Favorable à la participation aux gouvernements radicaux, il voudra monter une fédération dissidente.
Ø La scission du 4 octobre 1959 où Tanguy Prigent quitte la SFIO pour rejoindre le PSA. Il partira seul, la plupart des 800 adhérents restent. Le courant d’adhésion ne va démarrer qu’en 1960 au moment de la création du PSU, la SFIO descendra à 500 quand la PSU en comptera 380 devenant la 6ème fédération de France.
L’expérience le prouve, il n’y a pas d’avenir en dehors du Parti socialiste.
En revanche, l’unité fut le socle sur lequel se sont bâtis toutes les victoires.
Ø La majorité électorale dans le Finistère pour la 1ère fois, le 21 juin 1981.
6 députés. Une situation connue 6 fois seulement depuis : P88, L88, C88, L97, C04, R04.
Ø Le gain du conseil général en 1998.
il faut remonter à Albert Louppe de 1912 à 1927 pour trouver un président « Républicain de gauche avant Pierre Maille.
Ø La conquête de la région Bretagne en 2004 avec 50.15 % le 28 mars.
Mais au-delà, un anniversaire c’est l’occasion à la fois de porter un regard sur un siècle d’histoire, pour tirer les leçons afin d’affronter les temps présents.
Avons-nous fait, dans le siècle qui vient de s’écouler, les choix nécessaires ? Est-ce que, au-delà des manques connus ou des sujets de fierté, nous avons pris au bon moment les bonnes décisions ?
Ø L’attitude face à Vichy.
Tanguy et J-L Rolland députés furent parmi les 80 qui sauvèrent l’honneur de la République en refusant l’investiture à Pétain le 10 juillet 1940.
Ø Querelle de la Communauté Economique de Défense en 1954. La fédération (950 adhérents) soutient le projet, les autres de Bretagne le combattront. Le 30 août 1954, Tanguy et Eugène Reeb (de Concarneau) l’approuveront à l’Assemblée.
Ø La guerre d’Algérie. Jugement plus mitigé : longtemps la fédération (1425 adhérents) appuiera sans états d’âme la politique de Guy Mollet, Tanguy Prigent en tête. Mollet viendra même au congrès fédéral du 22 avril 1956, ici à Châteaulin qui votera une motion refusant de reconnaître « le fait national algérien ».
Ø La naissance de la 5ème République. Le 1er juin 1958, les Tanguy Prigent et Mao députés refuseront l’investiture à De Gaulle. 42 la donneront. Au référendum, la SFIO et Mollet appelaient à voter « oui ». La fédération prendra position contre même si Landerneau, Concarneau, Quimper militeront pour le « oui ». Les électeurs finistériens voteront à 83 % contre 79 % au plan national.
Entre l’idéal et le réel, avancées sociales et nécessités économiques, réussites et déceptions, la confrontation a l’exercice du pouvoir a façonné l’image du socialisme dans ce département.
A chaque fois nous avons tentés :
Ø de tracer des avenirs possibles,
Ø de proposer des solutions,
Et quand le verdict des urnes nous était favorable :
Ø de conduire des politiques novatrices,
Ø et d’ouvrir des changements sociaux essentiels.
Telles sont, après 100 ans de luttes, de réussites et parfois de déceptions, d’espérance et de désillusions, les leçons qu’il faut tirer de notre histoire commune. Le combat n’est pas plus difficile à mener qu’hier car il n’y a pas d’âge d’or. Il n’y en a jamais. La mondialisation d’aujourd’hui, c’est le mur de l’argent d’hier et les marchés imposaient déjà leur loi.
Le doute sur la politique étant déjà présent dès le siècle dernier, l’anti-parlementarisme, la méfiance à l’égard des politiques, la surenchère des extrêmes, le populisme…
Tout cela mine la démocratie depuis qu’elle existe.
Ce combat d’hier reste le nôtre :
Ø Donner espoir,
Ø Donner confiance,
Ø Dire la vérité,
Ø Et être fidèles à nous-mêmes. |