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Toute explication semble superflue. Il n’existe pas d’autre réalité que cette sécheresse des chiffres. Il n’est pas nécessaire de chercher de justifications supplémentaires. Ces deux chiffres témoignent d’une vérité incontournable, que l’on ne peut plus masquer même si elle fait mal à certains : notre parti s’est muré dans ses certitudes au point d’en perdre le sens commun.
Le 21 avril avait démontré qu’un candidat, fut-il soutenu par l’appareil, ne pouvait proclamé que son programme n’était pas socialiste sans se couper de son assise électorale. Si le pire est parfois certain, il n’est pas toujours dans la faute des autres.
On peut épiloguer durant des lustres sur la nature des « victoires » cantonales, régionales ou européennes. Mais, plus qu’une adhésion à la gauche de gouvernement incarnée par le P.S., elles étaient, surtout, des votes de défiance à l’égard d’une droite en décalage avec ses promesses électorales.
On peut gloser sur la légitimité statutaire de la campagne du non socialiste, agiter les cartons rouges et pousser des cris d’orfraie. Mais force est de constater que dans la bataille du referendum, c’est ce courant de pensée qui était en adéquation avec le peuple. Les militants qui ont eu le courage de le soutenir, seuls contre tous, ont sauvé le parti de la déroute totale.
On peut s’offusquer de tout cela, mais, ce coup ci, le parti est passé bien près de se retrouver catalogué, par le résultat électoral, à la droite du prisme politique. C’est à ses minorités, sans doute indisciplinées (mais derniers défenseurs de nos vérités), que le parti doit, aujourd’hui, de n’être pas encore considéré à l’égal des partis conservateurs, défenseur du libéralisme (même nuancé), coupé de la réalité vécue par les français, soucieux de préserver les positions acquises par ses élus, une organisation asservie à l’intérêt de quelques oligarques.
Alors, cessons de palabrer autour des électeurs qui n’ont pas compris, des camarades abusés, des « clarifications » nécessaires ou des « rassemblements » indispensables qui sonnent comme autant de règlements de comptes. Sortons de la langue de bois pour commencer à travailler vraiment.
Les succès futurs sont dans la modification de la ligne du parti, dans l’écoute de la population comme dans la participation aux formes politiques de gauche qui ont émergé à travers la campagne (associations, collectifs, rassemblements citoyens, forums, …).
Les victoires politiques ne s’obtiennent pas contre son électorat. A nous de renouer avec le nôtre.
Plutôt que de pinailler sur le fondement juridique de l’intervention des socialistes pour le « Non », mieux vaudrait raisonner sur les moyens de résorber le précipice qui s’est encore creusé entre le peuple et ses élus.
Plutôt que de demander qui a autorisé les minorités à relever la flamme socialiste, mieux vaudrait savoir ce qu’elle faisait par terre !
Christophe Hériaud
Section de Châteaulin |