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3 avaient des sortants socialistes et 2 des membres de l’UMP. Ces cantons étaient situés dans des départements très différents (Gard, Essonne, Puy de Dôme, Alpes Maritimes, Haute Saône) et concernaient 62 000 électeurs inscrits.
Quinze jours après un référendum, dont la logique est nécessairement simplificatrice tout en permettant l’expression de la novation puisqu’elle enjambe les clivages et bouscule les partis, il n’est pas inutile d’observer les résultats de l’élection la plus traditionnelle qui soit : la cantonale.
43.90 % du corps électoral s’est déplacé. Le niveau de participation est traditionnellement élevé pour les scrutins partiels sans enjeux départementaux dans la plupart des cas. Pourtant cela constitue un taux tout à fait satisfaisant, au regard des éléments comparables (par exemple au premier semestre 2003, ce taux n’était que de 34.24 %.
Globalement, le rapport des forces ne change pas : 34.39 % en mars 2004 pour la gauche toutes sensibilités confondues et 39.17 % aujourd’hui. La droite obtenait 58.89 % il y a un an et 59.28 % dimanche dernier.
Toutefois, au sein des deux familles, on peut relever que la gauche parlementaire qui totalisait 32.89 % en 2004, peut revendiquer en 2005 les 39.17 % car aucun candidat d’extrême gauche ne s’est présenté. Parallèlement, la droite parlementaire (en y incluant les DVd) qui rassemblait en 2004 44.60 % affiche une progression de près de 8 points obtenant 52.44 % des suffrages exprimés. La première conclusion touche donc la baisse des extrêmes. Ce point n’est cependant pas très original. Traditionnellement le FN par exemple ne récolte pas dans ces scrutins locaux ses meilleurs scores. Il arrive ici à 6 % contre 14.1 % dans les cinq cantons en 2004. Cet effritement ne lui interdira donc malheureusement pas d’atteindre des chiffres beaucoup plus hauts dans des consultations générales.
A gauche, PC et PS trouveront pareillement des motifs de satisfaction.
Les candidats communistes progressent de manière infime (de 7.32 % à 7.84 %) en notant cependant que dans l’Essonne, à Méréville, le PCF gagne 4 points (23.89 %) en dépit de la présence de l’ancien maire d’Étampes Gérard Lefranc qui se présentait avec l’étiquette « Dvg » mais bénéficiait du soutien du PS (12.93 %). En 2004, le même communiste était pourtant candidat unique de la gauche pour faire barrage au FN (19.81 %).
Le PS gagne aussi passant de 23.3 % à 28.4 % ce qui la plus forte évolution pour toutes les formations de l’arc politique. Sur un plan plus général, on pouvait penser que le PS ébranlé par le résultat du référendum tant ses dirigeants semblent se déchirer. Sa réalité électorale demeure plus solide… Le fait le plus notable est le soutien des Verts dans le canton de Vesoul Ouest, où notre candidate avait remporté le siège traditionnellement conservateur avec une seule voix d’avance. Mais cet effacement écologiste partiel puisqu’un « divers écologiste » était présent, n’a pas empêché l’UMP de récupérer dès le premier tour le canton. Cette défaite ne remet en cause la majorité du conseil général où la gauche possède 22 sièges sur 32. Relevons que la victoire socialiste qui aurait donné la majorité à la gauche au Conseil général du Lot et Garonne n’a pas été non plus possible à Duras, la droite conservant aisément le canton (55.9 %).
Avec 35.9 % contre 34.45 % en 2004, l’UMP sort aussi rassurée de la consultation. De fait, lors de leur conférence de presse du lundi 20 juin 2005, Valérie Pécresse, porte-parole et
Brice Hortefeux, ministre et secrétaire général délégué ont insisté sur « les ballottages favorables pour l’UMP et les victoires du premier tour dans le Lot-et-Garonne et à Vesoul». Pas un mot par contre de la défaite dans le 7ème canton de Nice, pourtant considéré comme le plus à droite de la cinquième ville de France.Depuis qu’il est maire (UMP ex-FN) de Nice, Jacques Peyrat a vu « tomber » sept cantons dans l’escarcelle de la gauche : cinq en 1998, renouvelés l’an dernier, dont quatre pour le PS et un pour le PCF, un en 2001, pour le PS, suite à l’invalidation de l’un de ses lieutenants, et dimanche dernier. Son adjoint à la sécurité, l’ancien commissaire à la DST Jean Hanot, « irrégulièrement » élu l’an dernier avec une vingtaine de voix d’avance, est cette fois, malgré l’appel du FN niçois à voter pour ce sarkozyste, nettement battu de plus de deux cents voix par la socialiste Dominique Boy Mottard (52.65 % et 33.86 % au 1er tour contre 31.27 % en 2004), qui devait pourtant affronter une candidature communiste (3.85 %).
L’UDF enfin a joué les utilités dans ces cantonales avec 2.68 % pour 2 candidats (Nice VII et Chamalières). Ce simple constat souligne que la capacité d’un parti à être présent sur le terrain électoral est aussi une mesure préalable de sa force…
Jean-Jacques Urvoas
Premier Secrétaire Fédéral
24 juin 2005 |