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Un mauvais coup pour les voyageurs

Une fois de plus, le gouvernement a profité du mois de juillet pour accumuler les mauvais coups contre les droits des salariés.


Mais sa méthode fait visiblement école puisque la SNCF vient d’indiquer qu’elle comptait supprimer la liaison « Quimper-Bordeaux » desservie par des trains « Corails ».

Il y a environ un an, j’avais eu l’occasion de dénoncer cette même intention, la SNCF ayant déjà annoncé sa volonté de fermer cette ligne jugée « moins rentables ». Par une action opiniâtre, la région Bretagne et son Président Jean-Yves Le Drian avait réussi à différer cette décision.

Sous l'égide de l'Association des Régions de France (ARF), nous avons depuis participé à de nombreuses délégations et le principe d'une expertise économique et financière de ces lignes, co-financée par les régions, la SNCF et l'Etat fut convenu préalablement à toute prise de décision définitive. La restitution de ces études pouvait laisser augurer une approche partenariale de l'examen du devenir de ces lignes, avec par exemple une acceptation de l'Etat de financer la partie de trafic déficitaire découlant du caractère national du transport assuré par ces trains, ou encore une prise de position de la part de ce dernier, en faveur d'une dotation aux régions pour permettre à celles-ci d'acquérir de nouveaux trains.

Visiblement il n’en sera rien. Sommée d'équilibrer ses comptes pour se préparer à la concurrence, la SNCF sait que l'Etat ne contribuera pas financièrement au fonctionnement de ces lignes. Aussi, elle transfère de fait aux régions, c'est-à-dire au contribuable régional, !e « soin » de pourvoir au financement de trains de substitution aux trains nationaux ainsi supprimés.

Cette situation est d'autant moins acceptable que les TER, dont le parc en cours de renouvellement est encore notoirement insuffisant, n'ont pas été créés pour se substituer aux trains nationaux ; mais le plus injuste dans cette situation réside dans le fait que le conseil régional a décidé de financer le renforcement de l'offre de transport notamment entre Quimper et Nantes dès Décembre 2005 et que par la simple application de la décision qui vient d'être prise, le service sera en fait dégradé !

Dans un contexte où se préparent de surcroît les négociations entre plus de la moitié des régions et la SNCF en vue de la mise en œuvre d'une nouvelle convention entre autorités organisatrices des transports constituées par les conseils régionaux et l'exploitant, on peut craindre que la situation qui vient d'être créée par ce désengagement fournisse ainsi des arguments aux partisans de la déréglementation et de la privatisation des chemins de fer.

En tout cas, cette situation nouvelle ne nous conduit pas à renoncer, bien au contraire. En liaison étroite avec les autres régions et tout particulièrement avec la région voisine des pays de la Loire encore plus affectée que nous par cette mesure, le Conseil Régional multiplie les démarches auprès des autorités de tutelle afin que la SNCF revienne sur sa décision, peu compatible du reste, avec le projet de service que nous avons déjà arrêté avec elle pour Décembre 2005 !

C'est aussi la raison pour laquelle il convient de savoir que la confirmation de la décision qui vient d'être arrêtée conduirait inévitablement à laisser des voyageurs sur les quais !

Bien entendu, cette situation renforce aussi notre détermination pour continuer à œuvrer en faveur du dossier de la Liaison à Grande Vitesse visant à mettre Quimper et Brest à 3 heures de Paris, avec début des travaux en 2009 et fin de ceux-ci en 2012.

C’est avec la même conviction que nous oeuvrons aussi à la pleine exécution, dans les délais impartis, des opérations ferroviaires inscrites au contrat de plan. Nous ne ménagerons aucun effort pour exiger la levée de cette décision de désengagement et dans le prolongement des expressions que nous avons eues sur ce dossier, notre souhait est de faire converger l'expression de l'ensemble des collectivités et des associations pour obtenir de véritables négociations.

Jean-Jacques Urvoas


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