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Lier féminisme et écologie devrait devenir un réflexe

Laurence Terrage

Dans une contribution visant en enrichir le texte de la convention nationale du PS « le temps des femmes » Laurence Terrage, adhérente de la section Aulne Presqu’île nous invite à envisager les grands défis auxquels nous sommes confrontés, en combinant les points de vue féministes et écologiques. 

Je pense qu’il faut lier les deux approches pour changer vraiment de paradigme.

Cap Finistère : Pourquoi as-tu choisi de proposer une contribution liant féminisme et écologie ? 

Laurence Terrage : Parce que je pense qu’il faut aborder toutes les questions à la lumière d’un prisme, écologique et féministe. Tous les organes de décisions sont majoritairement composés d’hommes. Or, on voit bien que les questions écologiques et féministes ne sont pas considérées comme des priorités. Il suffit de regarder où en est la transition écologique. L’accord de Paris a fixé un objectif de limitation de la hausse de la température en dessous de 2 degrés d’ici la fin du siècle et pour y parvenir, nous devons réduire notre empreinte carbone à 2 tonnes équivalent CO2 par an et par habitant alors que nous en sommes aujourd’hui à plus de 10. Mais on peut faire le même constat lorsqu’on regarde à quelle vitesse progresse, ou plutôt stagne, l’égalité salariale.

Je pense qu’il faut lier les deux approches pour changer vraiment de paradigme. Je suis féministe et écologiste. Je participe à plusieurs collectifs dans la presqu’île de Crozon et je me suis rendue compte que les femmes y sont plus impliquées que les hommes. Je suis végétarienne et je constate que nous sommes, là aussi, plus nombreuses que les hommes. Je suis donc partie de mon ressenti et j’ai pu vérifier, en faisant des recherches que plusieurs études le confirmaient. Mais j’ai aussi pu observer que cette question n’était pas encore suffisamment étudiée. Les premières victimes du réchauffement climatique sont les femmes, dans les pays pauvres. En préparant cette contribution, j’ai aussi découvert que seules 30% des membres du GIEC sont des femmes.

La « fast fashion » représente une aberration d’un point de vue écologique

Cap Finistère : Ta contribution montre que les femmes ne sont pas toujours exemplaires. 

Photo de Hannah Morgan sur Unsplash

Laurence Terrage : Non, c’est vrai, j’ai consacré une partie de la contribution au domaine de la mode ou plus précisément de la « fast fashion » qui représente une aberration d’un point de vue écologique. Le gaspillage est gigantesque. On croit souvent que la filière textile recycle mais c’est faux. Des tonnes de vêtements s’entassent. Dans ce domaine, les femmes, mais aussi les hommes, doivent changer radicalement leurs habitudes de consommation.

L’impact de la maternité est encore beaucoup trop fort pour les agricultrices

Cap Finistère : Tu abordes aussi la question de l’agriculture. 

Laurence Terrage : Oui, là aussi je m’appuie sur mon expérience et sur des études. Je connais plusieurs agricultrices et je sais combien ce métier est dur pour les femmes surtout si elles veulent le faire dans le respect de l’environnement.  Par exemple, l’impact de la maternité est encore beaucoup trop fort pour les agricultrices (difficultés à se faire remplacer…). Il y a aussi encore des stéréotypes qui perdurent : les femmes, dans le secteur agricole sont encore confinées dans des activités comme l’élevage équin et canin, le maraîchage ou l’horticulture.

Les solutions politiques doivent s’appuyer sur un croisement des connaissances car tout est interconnecté.

Cap Finistère : Cette contribution, dans le cadre de la convention « le temps des femmes » n’est donc qu’une première étape ? 

Laurence Terrage : Oui parce que toutes les questions peuvent être regardées en chaussant des lunettes écologistes et féministes. Face à des enjeux aussi complexes, les solutions politiques ne sont pas simples. Elles doivent s’appuyer sur un croisement des connaissances car tout est interconnecté. Et nous devons aussi plus tenir compte des travaux scientifiques. Lier féminisme et écologie devrait devenir un réflexe, dans tous les domaines et nous aider à reconstruire un monde moins toxique et plus égalitaire.

 

 

Lire la contribution « l’écologie comme levier d’émancipation des femmes » 

 

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