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Il faut démasquer la supercherie du RN

Secrétaire nationale adjointe à la veille contre l’extrême-droite

Alors que les violences d’extrême-droite se multiplient, comme on a pu le voir du côté de Callac et de Carhaix, plusieurs enquêtes d’opinion donnent Marine Le Pen élue à la prochaine présidentielle. 

Ninuwé Descamps, secrétaire nationale adjointe à la veille contre l’extrême-droite, nous appelle à prendre au sérieux cette menace et à organiser la riposte en démasquant les mensonges du RN. 

Cap Finistère : En quoi consiste ton rôle de secrétaire nationale à la veille contre l’extrême-droite ? 

Ninuwé Descamps : Depuis le Congrès de Marseille, je suis secrétaire nationale adjointe à la veille contre l’extrême-droite et Sarah Kerrich est secrétaire nationale à la lutte contre l’extrême-droite. Nous nous complétons puisqu’elle est des Hauts de France et moi du Var, deux territoires où l’extrême-droite est bien implantée, mais avec des électorats un peu différents : plutôt des commerçants, et des patrons de PME ici et plutôt des ouvriers dans le Nord. Mais, le point commun, ici et là-bas, c’est le sentiment d’abandon, avec des services publics qui disparaissent ou n’ont plus les moyens de remplir leur mission.

Nous devons donc construire une stratégie contre l’extrême-droite et mon rôle consiste à repérer, avec l’aide des premiers secrétaires fédéraux, les informations qui ne sont pas toujours reprises par la presse nationale mais qui sont importantes pour comprendre ce qui se passe dans cette mouvance. Nous sommes aussi là, en cas de besoin, pour aider à organiser les ripostes.

Les salariés modestes ou les précaires n’ont rien à attendre de l’extrême-droite. 

Cap Finistère : Comment interprètes-tu la discrétion de Marine Le Pen par rapport au mouvement contre la réforme des retraites alors même que des militants d’extrême-droite agressent des lycéens, des étudiants ou des salariés en grève ?

Ninuwé Descamps : Marine Le Pen est dans la position d’un joueur au casino qui attend juste que les pièces tombent pour récupérer le jackpot. Elle a donc tout intérêt à ne pas trop se faire remarquer. Elle a bien compris que les militants du RN seuls ne la feront pas gagner et que pour soulever le plafond de verre elle doit mordre sur d’autres électorats. C’est dans cette perspective qu’il faut décrypter le discours de Jordan Bardella sur l’écologie ou les prises de positions « sociales » de Marine Le Pen sur la réforme des retraites. Elle dit s’opposer aux 64 ans mais elle n’a rien à proposer. Les salariés modestes ou les précaires n’ont rien à attendre de l’extrême-droite. Tout ce qu’elle cherche, ce sont des électrices et des électeurs.

Le 17 avril 2023 à Brest

Concernant les violences, en particulier dans les universités, elles sont le fait de groupes souvent dissous comme le GUD ou génération identitaire. Il faut donc que la force publique intervienne fermement. Ce sujet est sensible mais on sait que des enquêtes sont en cours, comme on a pu le voir avec la boucle Telegram fr.deter.

Les élu-es Renaissance banalisent l’extrême-droite

Cap Finistère : Dans ce contexte peut-on dire que Bruno Lemaire joue avec le feu lorsqu’il dénonce les fraudes sociales qui vont au Maghreb ? 

Ninuwé Descamps : Bien sûr, ses propos sont scandaleux mais il n’est pas le seul ni le premier : Gérald Darmanin, Aurore Berger ou Elisabeth Borne avant lui ont aussi repris à leur compte des thèses ou des rhétoriques d’extrême-droite comme le « terrorisme intellectuel » supposé de la gauche. Déjà, en 1983, Jean-Marie Le Pen utilisait la même expression. Tout le discours autour du « wokisme » contribue à donner raison aux franges les plus radicales de l’extrême-droite.

Renaissance explique qu’ils sont les seuls à lutter contre l’extrême-droite mais après le 1er quinquennat d’Emmanuel Macron, le nombre de députés RN est passé de 8 à 89 ! Je n’arrive pas à savoir s’ils sont totalement inconscients et déconnectés des réalités ou s’il s’agit d’une stratégie visant à dédiaboliser l’extrême-droite, pour pouvoir, en cas de seconds tours RN/Renaissance faire appel aux voix de gauche. Mais, qu’ils le fassent consciemment ou pas, ils prennent un risque considérable. En établissant un signe égal entre une partie de la gauche et le RN, les ministres et les parlementaires Renaissance commettent une faute majeure. LFI se situe dans l’arc républicain et pas le RN qui rejette toute une partie de la population.

On pouvait ne pas être d’accord avec Jacques Chirac, qui a parfois tenté de flirter avec le FN, mais dans l’ensemble il a su maintenir la frontière qui sépare ceux qui se reconnaissent dans la République et ceux qui ne l’ont jamais acceptée, notamment en refusant de débattre avec Jean-Marie Le Pen en 2002.

En affaiblissant toutes les digues, les élu-es Renaissance banalisent l’extrême-droite et c’est précisément ce que souhaite Marine Le Pen.

Dans le Var, nous avons vu comment s’implante l’extrême-droite. Elle a profité de l’affaiblissement et même de l’absence de la gauche, puisqu’à deux reprises, aux Régionales, elle s’est désistée au profit de la droite. La seule opposition au conseil régional, c’était le FN. Et assez rapidement, les électrices et les électeurs n’ont plus voté pour nous. En effet, à quoi bon voter au 1er tour pour une liste si on sait qu’elle se retirera au second ? Si on ajoute à ça les affaires de corruption qui éclaboussent la droite locale, on arrive à une situation où le RN obtient 7 députés sur 8 dans le Var. Si on laisse croire que le RN n’est pas si dangereux, on permet à l’idée selon laquelle l’extrême-droite peut être une option comme une autre, de s’installer. Et on en arrive à légitimer le discours qui consiste à dire « après tout, on a essayé la gauche et la droite, il n’y a qu’à essayer l’extrême-droite. »

L’extrême-droite a toujours besoin de créer de la tension 

Cap Finistère : Éric Zemmour a demandé à ses militant-es de faire de l’école leur nouveau champ de bataille idéologique. Comment s’est traduit ce mot d’ordre ? Ont-ils atteint leur objectif ?

Ninuwé Descamps : Non, pour l’instant ils n’ont pas été très efficaces. Heureusement, la communauté enseignante est encore assez épargnée par la théorie du grand remplacement et autres lubies autour de la théorie du genre. Mais on voit bien que l’extrême-droite a toujours besoin de créer des tensions pour exister, de monter les Français les uns contre les autres, d’inventer de toutes pièces des polémiques inutiles. A nous d’être assez informés et vigilants pour ne pas tomber dans ce piège.

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