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Haro sur les stéréotypes de genres

soirée sur les femmes dans le monde du travail
Le 21 janvier à Châteaulin

Quelques jours avant la publication du deuxième « Baromètre Sexisme » mené par l’Institut Viavoice pour le Haut Conseil à l’Égalité, la section socialiste d’Aulnes Presqu’île a organisé, le 21 janvier, une soirée débat originale et interactive avec Solenn Talarmin, secrétaire départementale de la CFDT et Marine Bruneau du cabinet de conseils Egaluce sur le thème : « Femmes et travail : duel ou duo ? » à la cave du bistrodrome à Châteaulin.

Vrai ou faux ? Les femmes gagnent en moyenne 22% de moins que les hommes ? Les femmes partent en retraite plus tôt que les hommes ? Les femmes sont moins diplômées que les hommes ? Cette soirée interactive était rythmée par une série de questions auxquelles les participantes et participants répondaient à l’aide d’un carton « vrai » ou « faux ». Les deux invitées expliquant les réponses.

L’égalité femmes/hommes est inscrite dans la constitution. Depuis 1965, les femmes n’ont plus besoin de l’autorisation de leur mari pour pouvoir travailler. Des lois ont été adoptées en 1972, en 1975, en 1983, en 2001, en 2006, en 2012, en 2014, en 2015, en 2018 et en 2021. Et pourtant les inégalités perdurent. Elles tendent à se réduire mais sont toujours présentes.

La loi prévoit que les entreprises de plus de 50 salariés doivent publier un Index de l’égalité professionnelle. Il se traduit par une note sur 100. Celles qui ont une note inférieure à 75 sont dans l’obligation de publier, par une communication externe et au sein de l’entreprise, les mesures de correction qu’elles entendent adopter. « Mais les services de l’inspection du travail n’ont pas les moyens d’effectuer les vérifications nécessaires » a déploré Solenn Talarmin.

A ce jour, seules 2% des entreprises ont un index égal à 100. La plupart se situent aux alentours de 85. « Mais l’objectif doit bien être d’atteindre les 100 et de ne pas se contenter d’être au-dessus des 75 » a rappelé Marine Bruneau.

Comment parvenir à l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Sans mesure volontariste, elle interviendra dans 7 générations selon les estimations les plus optimistes, dans 12 pour les plus pessimistes. Ou les plus lucides.

La priorité, pour les deux intervenantes consiste évidement à parvenir à l’égalité salariale, « y compris dans la fonction publique » a insisté Solenn Talarmin. Des études évaluent entre 200 et 300 000 euros, sur une carrière, le manque à gagner des femmes par rapport aux hommes.

Logiquement, ces inégalités salariales se répercutent sur le niveau des retraites puisque les femmes perçoivent en moyenne 1272 euros contre 1674 pour les hommes. 40% des femmes partent en retraite avec une carrière incomplète contre 32% des hommes.

Les DRH, recruteuses et les recruteurs jouent un rôle déterminant dans la lutte contre les stéréotypes. Car c’est bien au moment des embauches que resurgissent les inégalités de genre. Les hommes n’hésitent pas à adresser leurs candidatures aux offres d’emploi. Contrairement aux femmes qui ne postulent que lorsque le formation ou leur expérience correspondent à au moins 80% des critères stipulés dans les offres. Les hommes se contentent de 11%.

C’est aussi au moment des embauches que les questions sur d’éventuelles futures maternités sont posées, même si elles sont totalement illégales. Les hommes sont très rarement interrogés sur de futures paternités.

Cependant, les entreprises ne sont que le reflet de la société et c’est bien aux stéréotypes de genres, dès le plus jeune âge qu’il faut s’attaquer. « Le rapport à l’argent n’est pas le même entre les hommes et les femmes, puisqu’en moyenne, les filles reçoivent moins d’argent de poche que les garçons » a rappelé Marine Bruneau. C’est donc une école des parents qu’il faut inventer pour expliquer et combattre les inégalités de genres, en particulier dans les parcours scolaires et l’orientation.

Mais aussi pour réduire le machisme qui se traduit encore trop souvent par du harcèlement voire des agressions sexuelles. « Il faut toujours les dénoncer » a conseillé Solenn Talarmin qui a mis en avant les actions engagées par la CFDT pour former les représentants syndicaux. Mais trop souvent, les victimes, même si elles se confient ne portent pas plainte. Et le Justice condamne régulièrement des entreprises pour non protection de leurs salariés mais rarement les harceleurs. Chacun a une part de responsabilité car les harceleurs profitent toujours d’un environnement qui, sans favoriser le harcèlement, le permet.

10 propositions pour lutter contre le sexisme

Dans son rapport annuel, publié le 23 janvier, le Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes a proposé 10 recommandations pour un plan d’urgence de lutte contre le sexisme.

n°1 : Augmenter les moyens financiers et humains de la justice pour former plus et en plus grand nombre les magistrat·es au sein des juridictions chargées de traiter les violences intrafamiliales, à l’instar de l’investissement espagnol ;

n°2 : Instaurer une obligation de résultats pour l’application de la loi sur l’éducation à la sexualité et à la vie affective dans un délai de trois ans, et prévoir une sanction financière en cas de non-respect de cette obligation dans ce délai ;

n°3 : Réguler les contenus numériques pour lutter contre les stéréotypes, représentations dégradantes, et traitements inégaux ou violents des femmes, en particulier les contenus pornographiques en ligne ;

n°4 : Rendre obligatoires les formations contre le sexisme par les employeurs ;

n°5 : Généraliser l’égaconditionnalité (qui conditionne l’argent public à une contre-partie en terme d’égalité) et la budgétisation sensible au genre ;

n°6 : Créer une Haute Autorité indépendante pour lutter contre les violences sexistes en politique ;

n°7:Conditionner les aides publiques à la presse écrite à des engagements en matière d’égalité ;

n°8 : Rendre obligatoire un système d’évaluation et une publication annuelle sur la part de représentation des femmes dans les manuels scolaires, informant voire conditionnant leur mise sur le marché́, sur le modèle belge ;

n°9 : Interdire la publicité pour les jouets genrés sur le modèle espagnol ;

n°10 : Institutionnaliser la journée nationale de lutte contre le sexisme le 25 janvier.

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