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Fiers de notre engagement européen

Olivier Faure

Intervention d’Olivier Faure en clôture de l’Université de rentrée des Socialistes breton.nes au Sew, à Morlaix, le 30 septembre 2023

 

 

Cher Loïg, cher Jean-Paul, chère Nathalie, cher François, cher Isabelle, chère Mélanie, cher Jean-Luc, cher Simon, bien sûr, qui est devenu, dimanche dernier, le quatrième mousquetaire breton, au Sénat.

Vous savez, toutes et tous, mon plaisir de me retrouver parmi vous aujourd’hui. De nous savoir si nombreux, de savoir que vous avez uni vos forces, une fois de plus, pour faire, ensemble, triompher les valeurs du Socialisme.

J’avais prévu, au départ, de dire plein de choses, et puis j’ai écouté les tables-rondes, j’ai écouté ce qu’a dit Loïg, j’ai écouté aussi dans les couloirs ce que les uns et les autres me disaient, et j’ai mis beaucoup de notes sur un papier. J’espère que je n’oublierai rien et que ce sera suffisamment cohérent pour que vous compreniez ce que je voulais vous dire.

Pourquoi sommes-nous restés ?

D’abord, la première question qui se pose est : pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi sommes-nous restés socialistes à un moment où on nous appelait à être autre chose ?

Sur notre droite et sur notre gauche, nous avons été interpellés par les uns et par les autres, pour finalement en finir avec cette vieille maison qui avait, paraît-il, achevé son travail historique et qui devait maintenant laisser la place à d’autres. Plus à gauche, Jean-Luc Mélenchon, plus à droite, Emmanuel Macron.

Mais vous êtes restés et moi aussi. Nous sommes restés parce que, justement, nous croyons que notre mission n’est pas achevée. Que le monde tel qu’il va, ne va pas exactement là où nous avons souhaité qu’il aille. Alors, bien sûr, je vous rassure, nous avons beaucoup accompli.

On a essentiellement parlé d’Europe aujourd’hui, et c’est vrai qu’il n’existe nulle part au monde, un continent ou un pays qui aligne autant de lignes de droits sociaux, de capacité à défendre les libertés publiques et individuelles. D’ailleurs, c’est Martin qui le disait et il a raison : nulle part au monde, en fait, vous ne trouverez un modèle équivalent au modèle européen. Et ce modèle a été construit, essentiellement, grâce aux Socialistes, aux Travaillistes, aux Sociaux-démocrates européens. Donc nous pouvons être fiers d’appartenir à cette famille.

Mais notre travail n’est pas achevé, tout simplement, parce qu’aujourd’hui les crises se multiplient, s’additionnent, se cumulent. Contrairement à ce qu’on peut entendre dire, ces crises ne sont pas celles que notre famille politique a porté, mais elles sont des crises du capitalisme. Elles sont des crises du libéralisme, poussé à l’incandescence par celles et ceux qui se sont se succédées.

Si, parfois, notre famille est en crise, au plan électoral, ce n’est pas parce qu’elle est socialiste, c’est parce qu’elle a trop cédé aux Libéraux. Et à chaque fois que nous oublions ce que nous sommes, celles et ceux qui n’oublient pas ce que nous avons été, nous quittent pour d’autres rivages. Parfois pour faire leur outing libéral, parfois pour considérer qu’il vaut mieux trouver ailleurs une butte témoin de ce qu’est la gauche.

Si nous sommes restés, c’est précisément parce que nous croyons que nous devons, à nouveau, reprendre les commandes du pays et, plus largement, du continent.

Le déni et le vernis

Alors, je voudrais dire quelques mots sur la question européenne qui va être la question des prochains jours dans notre parti et des prochains mois dans le pays.

Mais je voudrais dire, d’abord, quelques mots, de l’état du pays. Il y avait, hier soir, à l’Assemblée, un premier débat de censure, après un premier 49.3, dans cette session qui s’ouvre.

Nouveau 49.3 sur la loi de programmation des finances publiques pour les prochaines années.

Un 49.3 d’ailleurs, en réalité, qui aurait pu ne pas intervenir puisque l’extrême-droite avait déjà annoncé qu’elle ne voterait pas contre ce projet et permettrait ainsi à la majorité relative de trouver une majorité absolue dans le vote.

Mais ils l’ont fait parce qu’ils ne voulaient pas que ça se voit trop et que la collusion entre leur droite et l’extrême-droite soit tellement apparente qu’elle puisse les disqualifier. Alors, il y a eu un premier 49.3 pour imposer ce texte. Et que dit ce texte ?

Il dit que dans les prochaines années, jusqu’en à la fin du quinquennat, il est prévu 4 points de PIB de moins de dépenses publiques.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire une régression phénoménale. A un moment où on nous dit que les grands défis sont écologiques, sanitaires ou éducatifs, voilà que le gouvernement nous explique qu’il va y avoir 4 points de PIB de moins d’investissement public dans ce qui devrait, au contraire, être le grand moment dans lequel nous investissons pour l’avenir.

Et donc, cette régression, elle dit quelque chose du modèle auquel ce gouvernement se réfère. Si vous l’écoutez, c’est le gouvernement d’un énarque qui, en réalité, pourrait produire les meilleurs discours dans tous les grands endroits du monde. Emmanuel Macron a toujours la bonne formule, au bon moment. Toujours, l’inspiration dans laquelle tout le monde devrait le rejoindre. Dans cette fameuse journée de semi-marathon passée avec lui, il y a quelques semaines à Saint-Denis. J’avais le sentiment d’avoir, effectivement, le meilleur élève de la classe devant moi. Sur chaque sujet, il avait le contexte qu’il pouvait rappeler, l’analyse brillante et chacun pouvait s’accorder sur le constat. Mais aucune proposition. Jamais. Sur aucun sujet il ne s’est engagé alors que tous ceux qui étaient autour de la table, dans leur diversité, avaient chacun un axe, une proposition, un engagement.

Cette façon de dire toujours « en même temps », c’est une façon de ne jamais choisir. De ne jamais dire quelle est l’orientation qu’il entend prendre. Ce Président, c’est le président à la fois du déni et du vernis.

Le déni, parce qu’en réalité, il a beau dire, son action montre bien qu’il ne comprend pas les enjeux qu’il a devant lui, sur le plan écologique, sur le plan sanitaire. Ça a été le cas précédemment sur le plan sécuritaire. On le voit avec la façon dont il aborde désormais le débat des violences urbaines qui, selon lui, se limiterait au triptyque qui est l’ordre, l’ordre, l’ordre, là où les républicains ont plutôt installé un autre triptyque, qui est celui de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité, qui sont le seul moyen de vivre ensemble. Eh bien, voilà un président qui se refuse à comprendre à la fois son pays et les grands enjeux.

Et le vernis, parce qu’à chaque fois, c’est toujours le sentiment qu’il peut donner quelque chose pour que chacun en ait un peu pour son argent. Qu’il ait le sentiment qu’il va se passer quelque chose.

Ce gouvernement n’a pas pris la mesure de la l’enjeu écologique

Et c’est là que je veux en venir sur la question écologique. Voilà que ce président reprend un terme qui nous est plus familier à nous, qui est celui de la « planification écologique » pour obtenir ce que l’on appelle la bifurcation écologique, sauver le climat, sauver la biodiversité.

Et voilà que nous nous rencontrons, à Matignon, avec la Première Ministre et qu’on lui demande : « Mais c’est très bien, mais donc pour engager cette grande bifurcation combien mettez-vous sur la table ? » Parce que tout le monde peut dire qu’il veut le plus grand, le plus beau et le meilleur de tout, encore faut-il y mettre les moyens. « Et elle répond qu’elle va mettre 7 milliards de plus en 2024 ».

On peut se dire que c’est pas mal 7 milliards. Sauf que ce sont les propres experts du gouvernement, qui, dans un rapport, ont chiffré entre 34 et 36 milliards supplémentaires sur les dix prochaines années, la somme nécessaire à engager pour la transition.

34 ou 36 milliards moins 7, faites la différence et vous voyez quelle est la nature du problème.

Et ces 7 milliards, personne ne sait comment ils seront financés. Pour l’instant on a l’impression que c’est un appel à l’épargne mais c’est tout ce qu’on sait.

7 milliards sur 2024, là où le rapport Pisany Ferry dit 36 milliards par an pour les prochaines années. On a là l’hypocrisie dans laquelle nous sommes entrés avec ce président de la République. Le déni et le vernis, pas plus.

Et si, un peu plus : un gouvernement qui, maintenant, ne veut jamais aller chercher l’argent là où il se trouve, qui se refuse à aller piocher dans les poches de celles et ceux qui, aujourd’hui, en ont largement les moyens.

Les profiteurs de crises doivent payer

Nous vivons un moment très particulier qui est un moment d’inflation sur tous les terrains. Nous avons connu la rentrée la plus chère depuis de très longues années. Nous avons une inflation alimentaire qui est de l’ordre de quasiment 20%.  Les prix de l’énergie ont augmenté de 15%.

Et nous avons, face à cela, un gouvernement qui considère qu’il ne peut rien faire. Il est simplement là, à mendier, à prier, à allumer des cierges, pour que les industriels veuillent bien, à un moment, faire un effort.

Nous le savons toutes et tous, parce que c’est documenté. Et ce n’est pas l’extrême-gauche qui le dit, ce sont toutes les grandes institutions, du FMI à l’OCDE qui expliquent qu’aujourd’hui, l’inflation n’est pas le produit de cette fameuse boucle qu’on a si souvent décrite entre les prix et les salaires. Nous n’en sommes plus là. Aujourd’hui, c’est une boucle profits/prix. Aujourd’hui l’essentiel de l’inflation n’est pas lié aux salaires ou aux retraites que vous touchez. Non, l’inflation, aujourd’hui, est liée aux surprofits qui sont réalisés par les raffineurs, par toutes celles et ceux qui ont utilisé la crise sanitaire, puis géopolitique, pour s’enrichir comme jamais.

Et donc, nous, la gauche, nous avons effectivement vocation à rétablir la justice, faire en sorte que nous puissions dire que tous ces efforts que nous avons à fournir sur l’école, sur la santé, sur les services publics, sur la transition écologique, eh bien ces efforts doivent d’abord être produits par celles et ceux qui en ont les moyens et qui se sont enrichis à milliards.

Je ne dis là rien de révolutionnaire en vérité. Mais c’est un drame de penser que ce serait aujourd’hui le privilège de l’extrême-gauche, de la gauche radicale, de tenir ce discours. Ce discours c’est le nôtre. Nous ne l’avons jamais abandonné. Nous sommes, aujourd’hui, de celles et ceux qui pouvons ramener la gauche au pouvoir, et nous devons le faire.

Le grand parti de la justice

Alors, j’entends Loïg, tout à l’heure, qui dit qu’il y a des différences stratégiques entre nous. Parfois, c’est vrai. Ça n’est pas forcément insurmontable, mais il faut en parler. Moi, je vous le dis camarades, on ne peut pas dire que nous voulons à nouveau un grand Parti Socialiste, capable de s’imposer, en France et en Europe, et ne pas se rappeler que le grand Parti Socialiste auquel nous nous référons est ce parti qui avait dans ses propres rangs Gérard Filoche et Jean-Luc Mélenchon, jusqu’à Dominique Strauss-Kahn. Il était là ce grand parti qui savait réunir toute la gauche, qui savait dire à chacune et à chacun : le débat il existe mais notre place est dans la maison

Nous avons en commun tout ce que, depuis Jaurès et Blum, nous avons appris. Cette volonté de ramener de la justice partout où il y a du désordre, partout où il y a des gens qui continuent à considérer que le monde tel qu’il va peut continuer à aller, là où nous, nous pensons que les désordres du monde, sont d’abord le désordre de celles et ceux qui ne pensent que profits. Là où nous pensons justice, rupture pour pouvoir permettre de résoudre la question des inégalités, là où nous pensons que nous pouvons vivre ensemble.

Je comprends parfaitement que nous ayons ce débat entre nous. Mais je me souviens aussi d’un temps où nous nous sommes beaucoup querellés sur la question européenne au sein du Parti Socialiste

Je me souviens que, depuis Maastricht, et de manière très violente, au moment du traité

Constitutionnel européen, notre propre parti s’est divisé, s’est facturé. Bruyamment.

Et qu’il a fallu attendre 2018, avant les européennes de 2019, pour que, pour la première fois depuis 2005, nous arrivions à construire un projet commun unanime sur lequel nous avons pu nous retrouver.

Donc ce que nous avons réussi, entre nous-mêmes, si j’ose dire, je veux croire que c’est possible avec l’ensemble de la gauche.

Alors, pas tout de suite, forcément. Moi j’étais partisan d’un débat, avec l’ensemble des forces de gauche, qui permette d’avancer, de voir jusqu’où on pouvait faire avancer les autres aussi. Voir comment on pouvait les ramener à une forme de rationalité.

Ce débat n’aura pas lieu puisque les Communistes et les Écologistes s’y sont refusé.

Et donc nous partirons vraisemblablement seuls si vous le votez, Le 5 octobre prochain.

Pour un PS qui parle à toute la gauche

Nous partirons sous nos propres couleurs. Mais je ne perds pas de vue le fait que je veux continuer à parler à toute la gauche. Je ne veux pas me replier sur nous-mêmes. Je ne veux pas que nous nous repliions sur nous-mêmes, je veux continuer collectivement à parler, y compris à celles et ceux qui ont fait confiance à d’autres qu’à nous pendant l’élection présidentielle.

Je veux que nous continuions à parler à ce vaste ensemble de gens qui sont une grande nébuleuse, qui parfois, ne se reconnaît pas, ne sait pas même qu’elle a plus de valeurs communes avec les uns ou avec les autres.

Je veux que nous continuions à leur dire ce que nous portons pour l’ensemble de la gauche. Je ne veux pas d’un parti qui se ratiocine semaine après semaine, mois après mois, qui ne parlerait plus qu’à lui-même, à ses propres cadres, à ses propres militants. Je veux un parti au contraire conquérant qui reparte de l’avant, parce que j’ai effectivement la conviction que c’est le seul parti, à travers notre histoire nationale et l’histoire européenne, qui a été en capacité d’offrir le débouché politique à que la gauche associative, syndicale, citoyenne, espérait.

Donc, nous avons cette mission historique et nous devons pouvoir continuer à l’assumer.

L’extrême-droite n’a pas changé

Si je dis tout cela, c’est aussi parce que nous faisons face à une menace inédite avec l’extrême-droite.

Ça n’est pas vrai que l’extrême droite a changé. Bien sûr que maintenant ils portent des cravates, des costumes et des tailleurs. C’est vrai que quand je les croise dans l’ascenseur pour monter à mon bureau, je reconnais un député d’extrême-droite parce qu’il me dit « Bonjour, monsieur », alors que les autres me disent : « Bonjour, Olivier. » Ça fait une différence.

Et je vois bien qu’ils se sont tenus à carreau depuis un an. Ils ont les codes et les usages qui leur permettent de se fondre désormais dans la masse.

Mais si on prend simplement la question européenne à laquelle je veux venir maintenant, est-ce que vous pensez que, parce qu’ils ont dit qu’ils ne sortaient plus de l’Euro, ils sont devenus des Européens comme les autres ? Mais rien n’est plus faux.

Je me souviens de l’expression de « monstre doux » pour qualifier l’extrême droite italienne.

Eh bien, nous avons là, nous, une forme de risque de Frexit, à petits pas, qui s’annonce. Subrepticement.

On peut rassembler les points les uns après les autres, et vous savez que plusieurs points, ça finit par faire une ligne.

Ce petit Frexit, ou ce Frexit à petits pas, se constitue d’abord par la volonté de dire que, désormais, la Constitution française aurait une valeur supérieure aux traités que nous signons à l’international.

Le deuxième point, c’est qu’ils veulent instaurer une préférence nationale sur notre territoire pour faire en sorte que les aides sociales, l’accès à l’emploi public, etc. soit accordés d’abord aux nationaux.

Le troisième point, c’est l’idée d’une baisse unilatérale de la contribution française à l’union européenne.

Enfin, c’est le rétablissement des frontières intérieures de l’Union Européenne, la fin de Schengen et la volonté de sortir de tout cadre de coopération avec d’autres pays, Dublin et le reste.

Vous voyez mes cher.es ami.es, qu’il y a là une volonté qui n’est pas du tout une volonté coopérative, qui n’est pas une volonté de prolonger le rêve européen mais au contraire d’en sortir.

Et imaginez notre responsabilité si, en 2027, Marine-Le Pen arrivait au pouvoir

Tout à l’heure, Martin a cité, même s’il n’y a pas de petits pays, le rôle particulier de la France et de l’Allemagne. Je devrais dire aussi de l’Italie, mais l’Italie a déjà basculé. Deux tiers de la puissance économique de l’Europe, dans ces 3 pays.

Et donc imaginez que, après l’Italie, pays fondateur de l’Union Européenne, la France bascule à l’extrême-droite.

Imaginez un seul instant ce que serait le coup de tonnerre dans le ciel européen. Non pas simplement chez nous, mais dans toute l’Europe. Les dynamiques que cela créerait partout.

Regardez ce qui se passe en France avec 88 députés d’extrême-droite au parlement.

Certains pensent que les choses s’arrêteront à Marine le Pen. Moi, je vous dis que si l’extrême-droite reprend le pouvoir en France, en Italie, et puis pourquoi pas, demain, en Allemagne, en Autriche et partout ailleurs, imaginez les dérives. Imaginez ce qui naîtra derrière.

Déjà en France tous ces groupuscules qui renaissent, partout dans nos régions, dans nos départements, dans nos villes. Ces gens qui se lèvent à nouveau, qui sont fiers de dire qu’ils portent les symboles de l’extrême-droite, qu’ils sont chez eux et que d’autres doivent partir.

Vous voyez bien ce qu’il se passe semaine après semaine et je vous demande de regarder sur twitter, pour ceux qui y sont, le travail de recollement que fait Ninuwé Descamps, dans la presse quotidienne régionale. Chaque semaine, une déclaration, une manifestation. Et partout la contagion.

Alors, oui, nous avons, Socialistes, une responsabilité particulière et c’est l’une des raisons pour lesquelles, dès l’élection européenne, il faut que la gauche soit en situation de dire que l’alternative ne sera pas exclusivement d’extrême-droite.

Nous avons notre part à prendre. Nous devons la prendre en affirmant, ce que nous sommes,

Il y aura quatre listes vraisemblablement, et peut-être plus, à gauche. Mais nous, nous avons une responsabilité, pour pouvoir envoyer le plus grand nombre de parlementaires socialistes au parlement européen.

Fiers de notre engagement européen

Ce que nous portons est assez simple. C’est d’abord l’idée que nous sommes, nous, des Européens convaincus, et vous, Socialistes bretons particulièrement. On vous doit un certain nombre de résultats, depuis Maastricht. François Mitterrand aurait pu élever une statue aux Socialistes bretons

Notre idéal européen n’est pas de dire que l’Europe, telle qu’elle est aujourd’hui, est parfaite.

Ce serait bien exagéré. Mais il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain.  L’Europe est ce que nous en avons fait. Elle a une capacité à agir.

Quand les Libéraux sont les plus nombreux. L’Europe est libérale. Quand la gauche est majoritaire, alors à elle de faire en sorte que l’Europe change.

Nous avons le sentiment que, même dans une Europe encore dominée par les Libéraux, les Libéraux n’ont plus les réponses aux maux qui sont devant nous.

Et quand ils ont dû affronter les crises, grâce à la force de persuasion et la puissance des Socialistes, des Sociaux-démocrates ou des Travaillistes au parlement européen, les choses ont déjà bougé. Les brèches ont déjà été ouvertes.

Pendant la crise sanitaire, nous avons enfin penser les achats communs pour établir ensemble la vaccination de ce continent.

Pour la première fois, on a pensé budget européen, dette commune, plans de relance communs. Ça aussi ce sont les idées qui viennent de chez nous et qui ont permis d’ouvrir une brèche, dans le sacro-saint héritage libéral, sur la libre concurrence, la concurrence libre et non faussée.

La prise de conscience écologique, c’est nous.

Sur la question écologique aussi, on voit bien que le marché ne peut pas se réguler tout seul et qu’il faut un pacte vert. Ce fameux green deal.

Et là aussi, ce sont encore les Socialistes qui l’ont porté. Et je vous demande de ne rien abandonner, à quiconque, dans cette matière. Vous êtes de cette famille politique de Sicco Mansholt, dont personne ne se souvient plus, commissaire européen néerlandais qui fut le premier à alerter sur les dangers du modèle productiviste. Le premier.

Et à l’époque, figurez-vous que c’est de la gauche que ses premiers ennemis sont venus.

Ce fut d’abord Georges Marchais puis ensuite l’ensemble des capitalistes, le CAC 40 français et puis toutes celles et ceux en Europe qui avaient compris qu’il y avait là quelqu’un qui venait contester un modèle.

Et donc il a été oublié. Oublié par l’histoire et nous avons continué. Et puis ce fut Gro Harlem Brundtland, première ministre sociale-démocrate de Norvège qui a inventé le concept du développement durable.

Qui a permis d’initier ces grands rendez-vous ? D’abord le sommet de Rio, puis ensuite les autres ? C’est nous, encore, sous le quinquennat de François, Hollande, avec Laurent Fabius, qui avons permis la conclusion de la Cop 21 qui a fixé des objectifs pour le monde entier, même si, malheureusement, ils ne sont pas aujourd’hui respectés en France et en Europe.

Voilà ce que nous portons, voilà ce que nous sommes. Il faut s’infiltrer dans cette brèche et avancer, faire en sorte que nous puissions continuer à donner un sens à la construction européenne.

Si nous arrivons à réunir les forces qui vont de notre camarade Paul Magnette en Belgique jusqu’à Elly Schlein, en Italie, avec également notre camarade Antonio Costa au Portugal, avec Pédro Sanchez en Espagne, avec toutes celles et ceux qui font encore vibrer la gauche à l’échelle continentale, alors nous pouvons envisager de réaliser quelque chose de grand et de puissant.

Ce rêve européen doit se conjuguer avec un rêve national. Parce que si nous n’avons pas le temps- comme nous le disons souvent de manière très rhétorique-, alors il faut le faire maintenant. Il faut le faire en France, en permettant à la gauche de revenir au pouvoir. Vite.

Pour pouvoir être un modèle pour les Européens, pour faire en sorte qu’au niveau européen, nous soyons un autre modèle pour le monde. Pour faire en sorte que nous puissions faire preuve d’exemplarité par les engagements que nous prenons sur tous ces sujets-là, pour faire en sorte de faire bouger le reste du monde.

Nous sommes aux côtés des travailleurs des plateformes

Nous en avons les moyens et nous en avons la puissance, nous en avons l’imagination. Je prends un seul sujet. Je sors de la question écologique pour revenir sur la question sociale.

Nous avons aujourd’hui un phénomène qui n’est pas purement français. C’est la question de l’ubérisation de ces travailleurs qui vivent aujourd’hui la situation des tâcherons, il y a maintenant un siècle et demi. Ces gens à qui on demande de travailler sans aucune protection.

Vous êtes sur un vélo pour Uber-eats. Vous tombez du vélo. L’accident est pour vous. Ce n’est pas un accident du travail. Vous n’avez pas de salaire, vous n’avez pas de protection. Vous vous débrouillez tout seul. Vous êtes en vacances, vous n’êtes pas payé, il n’y n’a pas de congés.

Vous avez une maladie. Il n’y a pas non plus de protection, pour vous.

Ces gens sont devenus les esclaves du monde moderne.

A chaque fois que vous appelez Uber-eats, parce que vous êtes devant un match de rugby ou de football, il y a des gens qui pédalent, c’est le cas de le dire, et qui n’ont aucune protection.

Et ce modèle-là est en train de s’infiltrer progressivement plus seulement à ces questions de livraisons ou de transport de personnes. Demain, ils uberiseront aussi les professions libérales. Ils ubériseront des tas de secteurs qui sont des secteurs aujourd’hui, que l’on croit protégés.

Cette question-là, commence à s’étendre à tous les salariés de ce pays. Nous avons vocation à faire en sorte de protéger l’ensemble de ces ubérisés.

Et c’est un commissaire européen, cette fois-ci, luxembourgeois, socialiste, lui aussi, Nicolas Schmidt, qui se bat pour une directive européenne qui permettrait de reconnaître, avec quelques critères, toutes celles et ceux qui le veulent, comme salariés, avec tous les droits qui y sont rattachés. Et figurez-vous que ce combat européen rejoint le combat national, parce que celui qui s’oppose à cette directive, qui veut bien prendre un petit bout, un petit bout seulement, c’est Emmanuel Macron. Il a, depuis le début, partie liée avec toutes celles et ceux qui, sur les plateformes, ont voulu nous produire ce qu’il a, lui, voulut présenter comme la start-up nation et qui est en réalité plutôt une start-up régression, si on veut parler Français.

Nous avons, là encore, la matière, pour avancer, faire en sorte d’être fidèles à notre histoire, fidèles à nos engagements passés et nos engagements futurs.

Une campagne pour convaincre les électeurs

C’est dans cette campagne là que vous devez vous engager maintenant. Avec puissance, avec force. Je sais que dans toutes les campagnes européennes, on dit toujours : la tête de liste, et quelques-uns qui suivront, feront le boulot à la télé. Oui, il faudra qu’ils le fassent à la télé, il faudra des meetings. Il faudra évidemment qu’ils fassent le tour de France, mais ça ne suffira pas. Cette élection, c’est une élection pendant laquelle beaucoup se demandent pourquoi on se déplace, pourquoi on le fait, quel est le sens ?

Et souvent, le sens est détourné par les candidats eux-mêmes. Ils donnent un autre sens et vous verrez que Jordan Bardella expliquera que c’est une pré-présidentielle et qu’en l’élisant au Parlement européen, on donne un avantage à Marine Le Pen.

Vous verrez que Stéphane Séjourné, ou celui qui prendra sa place sur la liste de Renaissance, expliquera qu’ils sont encore le barrage à l’extrême-droite, et vous verrez que chacun aura d’autres raisons que les raisons européennes, à avancer dans ce débat.

Nous, nous avons une vocation, une obligation, politique et morale : c’est d’aller chercher les gens, partout, d’aller remuer tous les réseaux, faire en sorte, d’aller dans toutes les associations, d’aller voir les syndicats pour leur dire que nous avons besoin d’eux dans ce combat-là.

Et faire en sorte que cette élection européenne soit effectivement une préfiguration, peut-être, d’échéance ultérieure en France. Mais surtout une préfiguration d’un réveil de la gauche qui prend conscience d’elle-même, de sa force quand elle se rassemble, de sa capacité à faire changer le cours de l’Histoire.

C’est cela que je suis venu vous dire aujourd’hui et que je dirais dans les prochaines semaines, lors de notre convention sur la question européenne. Parce que je crois profondément à ce que nous sommes.

Je crois profondément à notre capacité à en redevenir les moteurs.

À la seule condition d’arrêter de nous diviser, d’arrêter les débats qui nous opposent, parfois, de manière très caricaturale.

On a parlé des gauches irréconciliables. Je vois parfois des Socialistes qui se veulent irréconciliables les uns pour les autres. Moi, je veux au contraire que notre famille se rassemble, qu’elle porte le combat, qu’elle se rassemble d’abord avec elle-même, pour se rassembler avec toute la gauche et faire en sorte que demain nous puissions incarner l’espoir.

Cher.es ami.es, chers camarades, voilà la mission qui est devant nous : incarner l’espoir, faire en sorte de renouveler le combat et de le porter plus haut, plus grand, plus fort, et de faire en sorte que nous soyons fidèles à celles et ceux qui nous ont précédés.

Merci.

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